Soin des sabots
Les essentiels soin
pour les pieds du cheval
Dans cet article, je te propose de faire un petit tour d’horizon des produits utiles – pas pour traiter toutes les pathologies des sabots, mais pour gérer les petits tracas du quotidien : humidité, saleté, sensibilité, fragilité…
L’objectif : t’aider à composer ton kit de soin du sabot à glisser dans ta malle, simple, efficace, et rassurant à avoir à portée de main.
Soin ou entretien des sabots,
quelle différence ?
On parle souvent des “produits pour les pieds du cheval” comme d’un grand tout. Pourtant, il y a une vraie nuance entre ceux qu’on utilise de manière préventive, et ceux qu’on sort plutôt quand un souci se présente.
Les produits d’entretien
Ce sont ceux qu’on utilise de façon régulière, pour aider à maintenir un pied propre, sain, bien équilibré dans son environnement. Ils peuvent avoir un rôle :
- absorbant (quand l’humidité est trop présente),
- assainissant (après un bon nettoyage, par exemple),
- ou encore protecteur, sans forcément être “soignants” au sens strict
Ils sont bien pratiques dans certaines saisons ou situations, mais pas indispensables tout le temps ni pour tous les chevaux.
Les produits de soin
Ceux-là sont utilisés de manière ponctuelle, quand on cherche à accompagner une situation particulière : une fourchette un peu trop molle, une odeur suspecte, un pied qui s’abîme à cause d’un sol difficile, etc.
Ils ne remplacent pas un diagnostic ou un parage adapté, mais ils peuvent vraiment aider à gérer localement un problème en cours.
L’important, c’est surtout de bien comprendre le rôle de chaque produit, pour l’utiliser au bon moment, dans le bon contexte. Et c’est ce qu’on va voir ensemble dans la suite de l’article.
Quand utiliser des produits
pour les pieds de mon cheval ?
Pas besoin de vider sa sellerie à chaque fois que son cheval marche dans une flaque !
Mais certains signaux peuvent indiquer qu’un petit coup de pouce est bienvenu.
Voici quelques cas typiques où les produits peuvent vraiment aider 👇
En période humide (ou dans des zones souillées)
Les sols détrempés, les paddocks en hiver, les zones de passage au foin ou les boxes peu entretenus sont autant d’environnements acides qui agressent les tissus du pied, en particulier la fourchette.
Certains chevaux, selon leur terrain de vie ou la qualité de leur corne, vont développer des fourchettes molles, malodorantes, voire douloureuses à la pression.
→ Objectif : nettoyer, assainir sans agresser, et créer un environnement local moins propice aux bactéries indésirables.
Zones acides et stagnantes : boxes, tas de fumier, abreuvoirs…
Même hors saison humide, certains chevaux vivent ou passent beaucoup de temps dans des zones saturées en urine ou crottins. L’acidité de ces lieux ramollit la corne, favorise les infiltrations et fragilise le pied.
→ Objectif : soutenir l’assainissement local avec douceur, notamment pour les chevaux aux pieds sensibles ou déjà fragilisés.
Séparations de paroi : quand la corne se décolle…
Il arrive qu’une paroi se dédouble ou se creuse à la ligne blanche. Cela peut venir de plusieurs facteurs :
- une paroi fragile ou peu cohésive (souvent liée à des carences),
- un pied trop rarement curé (des petits cailloux peuvent s’y installer et creuser des galeries),
- une séparation mécanique qui s’aggrave avec le temps.
Ces fissures peuvent devenir des portes d’entrée idéales pour des bactéries, qui trouvent alors un petit cocon parfait pour s’installer discrètement.
→ Objectif : nettoyer doucement, combler si nécessaire, et suivre de près pour éviter l’installation d’une infection.
Envahissement bactérien : fourmilières, pourritures, et autres joyeusetés
Quand une zone du pied (fourchette, lacune centrale, paroi…) est colonisée par des bactéries anaérobies, elles prolifèrent à l’abri de l’air, creusent, ramollissent les tissus, et parfois infectent profondément.
Les cas les plus fréquents :
- Fourmilière, comme abordé dans cet article : une cavité qui se creuse entre la paroi et les tissus internes du pied.
- Pourriture de fourchette : souvent repérée à l’odeur et à la texture molle ou friable.
- Mais aussi : séquelles d’abcès, seimes profondes, ou anciens trous non curés peuvent servir de point d’entrée.
→ Objectif : nettoyer minutieusement, favoriser l’aération (quand c’est possible), appliquer un produit adapté, et bien sûr suivre le parage de près pour permettre à la structure de se régénérer.
En période très sèche : pas forcément de produit à prévoir
Un pied bien irrigué et en bonne santé sait très bien s’adapter à un terrain sec.
Même si certains chevaux présentent une corne plus cassante ou des talons qui fissurent, ce n’est pas toujours une affaire de produits, mais souvent une question d’environnement, d’usure, voire de parage.
→ On en reparlera dans un autre article, dédié aux huiles, graisses et autres corps gras. Ici, on reste sur le soin ciblé en cas de petit pépin ou déséquilibre.
Kit de soin du sabot
les produits indispensables
Voici les produits que je garde toujours dans ma malle de soin, que ce soit pour assainir, protéger ou accompagner une petite zone en difficulté. Pas besoin d’en avoir 15, mais ceux-là sont des valeurs sûres😉
Artimud
L’argile antibactérienne et antifongique pour les creux et fissures du sabot
C’est quoi ?
Une pâte à base d’argile blanche, de miel, d’huile essentielle d’eucalyptus et de zinc, qui adhère super bien dans les petites fissures, creux ou trous.
Pourquoi l’avoir ?
Parfait pour remplir les petites lacunes profondes et malodorantes, les petits trous de cailloux avant qu’ils ne se transforment en débuts de séparation de paroi voire de fourmilières. Il agit comme un pansement sec et assainissant, antibactérien et antifongique.
Comment je l’utilise ?
Sur pied propre et sec, je bourre doucement dans la zone à combler. Il tient bien, même au paddock, sans coller partout (à condition que l’environnement soit assez sec, sinon il risque de partir avec la boue).
Il peut être appliqué à chaque fois que l’on nettoie le pied tant que le problème n’est pas réglé.
Comment m’en procurer ?
🧡 Pour les petits budgets, voici ma recette maison
Vous aurez besoin pour 1 kg de préparation :
- 1 kg d’argile blanche de type kaolin (mais de l’argile blanche classique fera l’affaire)
- Eau (quantité à doser selon la consistance souhaitée du produit plus il y aura d’eau, plus ce sera visqueux, liquide)
- 200g d’oxyde de zinc
- 30g de miel (de basse qualité) ou sucre blanc
- 60 gouttes d’huile essentielle de Tea Tree
- 40 gouttes d’huile essentielle de Laurier Noble
- 30 gouttes d’huile essentielle de Palmarosa
- 30 gouttes d’huile essentielle de Lavandin
- 10 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus Radié
Les étapes à appliquer :
→ Mélanger dans un saladier l’argile, l’oxyde de zinc et le miel (ou sucre),
→ Ajouter l’eau progressivement en mélangeant jusqu’à obtenir une pâte de texture pâteuse à visqueuse (un mix entre la texture du nutella conservé en hiver et du nutella laissé au soleil),
→ Ajouter les huiles essentielles de Tea tree, Laurier noble, Palmarosa, Lavandin et Eucalyptus radié,
→ Mettez dans un pot ou un tupperware votre mélange pour qu’il vous accompagne aux écuries.
Ce produit se conserve très longtemps, si jamais il se dessèche, vous pouvez rajouter un peu d’eau.
Hoofstuff
Pour les cavités plus profondes
C’est quoi ?
Une version fibreuse de l’Artimud, plus adaptée aux trous plus profonds ou difficiles d’accès (comme les anciennes fourmilières, pourriture profonde des fourchettes, grosses fissures…).
Pourquoi l’avoir ?
Il combine effet absorbant, antibactérien et combleur, tout en laissant respirer. Très utile quand il faut occuper l’espace pour éviter que les bactéries s’y installent.
Comment je l’utilise ?
Je nettoie parfaitement ma cavité. Je le tasse dans le trou avec précaution une boule de Hoofstuff. Je veille à combler mais de pas laisser le Hoofstuff déborder de la cavité pour éviter qu’il n’y ait un effet ventouse lorsque le cheval repartira sur son lieu de vie. Il reste en place plusieurs heures, voire une journée entière ou parfois plus.
Comme il reste assez longtemps, vous pouvez vérifier en curant qu’il est toujours à sa place, si ce n’est pas le cas, remettez-en tant que le problème n’est pas réglé.
Comment m’en procurer ?
🧡 Pour ceux qui préfèrent mettre la main à la pâte, voici ma recette maison
Vous aurez besoin :
- de votre mélange d’artimud maison
- de compresses stériles non tissées OU de coton hydrophile
La recette
→ Prenez une boule plus ou moins grosse selon votre taille de cavité à combler,
→ Trempez là et imbibez là de votre artimud (maison),
→ Insérez cette boule imbibé dans la cavité à combler,
Et voilà ! Hoof &Co. qualitat 😊
Vinaigre de cidre & Huiles essentielles
Le combo maison multifonction
C’est quoi ?
Un mélange simple mais efficace : du vinaigre de cidre bio avec quelques gouttes d’huile essentielle (tea tree, thym, eucalyptus…).
Pourquoi l’avoir ?
Ça sert un peu à tout : rincer une zone, assainir, acidifier légèrement. Et ça sent bon (enfin si on met des huiles essentielles seulement 🙄) !
Comment je l’utilise ?
Je le garde dans un petit spray. Pratique pour rincer ou désinfecter en douceur après un curage, ou pour rafraîchir une fourchette entre deux soins.
Comment m’en procurer ?
Je le prend en bidon de 5L comme ça je suis tranquille pour un bon moment
Sugardine (miel + bétadine)
L’ancienne recette qui fait toujours le job
C’est quoi ?
Un mélange fait maison à base de miel (ou sucre en poudre) et de bétadine savon (la rouge), formant une pâte épaisse.
Pourquoi l’avoir ?
Utile dans les cas de pourriture modérée, fourmilières superficielles ou zones qui suintent. Elle désinfecte, absorbe l’humidité et favorise la repousse.
Comment je l’utilise ?
Je prépare une petite quantité à la demande, que j’applique dans les cavités ou sur les zones à surveiller. Attention à ne pas l’utiliser sur des tissus très sensibles.
Comment m’en procurer ?
En pharmacie ou parapharmacie
Huile de cade vraie
Pour assécher et repousser les indésirables
C’est quoi ?
Une huile extraite du bois de cade (genévrier), connue pour ses propriétés antifongiques, antiseptiques et répulsives.
Pourquoi l’avoir ?
Top pour les pieds très exposés à l’humidité ou aux insectes, ou pour les zones qui ont tendance à toujours revenir à la case pourriture.
Comment je l’utilise ?
Avec un pinceau, souvent attaché au bouchon du pot. Je viens tartiner ma fourchette, ma sole, ma ligne blanche, les glomes.
⚠️ Si vous avez une zone de peau ou la fourchette qui est à vif ou sensible, dans ce cas on évitera l’huile de cade et on reviendra sur l’artimud ou le hoofstuff.
Comment m’en procurer ?
La meilleure est sans équivoque celle de la distillerie des Cévennes :
Eau oxygénée 10 volumes
Pour le grand nettoyage
C’est quoi ?
Un antiseptique doux, utile pour nettoyer une cavité ou une zone suspecte.
Pourquoi l’avoir ?
Pour son effet moussant qui aide à sortir les saletés et atteindre les recoins invisibles. Parfait quand on suspecte une zone contaminée. Elle est pratique notamment pour les cavités des fourmilières, l’oxygène présent viendra détruire les bactéries anaérobies (c’est-à-dire qui ne supportent pas l’oxygène).
Comment je l’utilise ?
Uniquement en curatif et jamais en usage prolongé. J’en mets une petite quantité pour nettoyer avec une seringue pour être plus précis, je laisse mousser, je sèche bien ensuite.
Comment m’en procurer ?
Field Paste
L’alliée des fourchettes sensibles
C’est quoi ?
Une pâte plus épaisse que l’Artimud mais avec de l’argile verte cette fois-ci, formulée pour couvrir la fourchette et les lacunes, et y rester.
Pourquoi l’avoir ?
Quand une fourchette est molle, creusée, malodorante ou douloureuse, c’est le produit parfait pour assainir en douceur et durablement.
Comment je l’utilise ?
Après un bon nettoyage, j’applique en couche fine sur la zone. Pas besoin d’en mettre des tonnes, elle s’étale bien. Peut être utilisée quelques jours d’affilée si besoin.
Comment m’en procurer ?
Les produits essentiels
pour prendre soin des sabots de son cheval
Pas besoin d’un arsenal de guerre pour entretenir les pieds de son cheval : quelques produits bien choisis, utilisés au bon moment, suffisent largement à accompagner le pied dans ses grandes étapes de vie. On ne cherche pas à “traiter pour traiter”, mais à intervenir ponctuellement, quand l’environnement, la saison ou un petit déséquilibre le nécessitent.
Et surtout : aucun produit ne remplacera jamais un bon équilibre global.
🌱 Un cheval bien nourri, bien paré, vivant dans un environnement adapté, c’est déjà 90 % du travail.
🧴 Les soins viennent juste en renfort, pour éviter que de petites alertes ne deviennent de vrais problèmes.
Alors oui, ces petits pots, ces pâtes et ces recettes maison ont leur place dans nos malles. Mais c’est en gardant l’œil attentif, le geste mesuré et l’écoute du vivant qu’on reste vraiment utile à nos chevaux.
À très bientôt,
Léa
